L'orateur, un intensiviste, partage plus de 25 ans d'expérience avec l'échographie au lit du malade (POCUS) en soins intensifs, commençant à une époque où elle était peu courante. Il a initié sa formation en échographie à Kolkata et l'a poursuivie à Delhi, utilisant régulièrement l'échographie pour évaluer le statut hémodynamique des patients, constatant son évolution vers une norme, avec des recherches en cours incluant l'intégration de l'IA.
Le POCUS offre un diagnostic rapide, réduisant les séjours hospitaliers et les coûts, et peut identifier des conditions potentiellement mortelles comme l'infarctus aigu du myocarde (IAM) ou de grands abcès hépatiques. Il est portable, non invasif et essentiel pour les intensivistes. La physique implique des transducteurs piézoélectriques convertissant l'électricité en ondes ultrasonores et vice-versa, avec une résolution directement proportionnelle à la fréquence et inversement proportionnelle à la profondeur.
Les sondes clés pour les soins intensifs comprennent la sonde linéaire (haute fréquence, structures superficielles comme les veines jugulaires, la plèvre, l'accès vasculaire), la sonde curviligne (basse fréquence, pénétration plus profonde pour l'abdomen, l'e-FAST, les gros vaisseaux et les organes abdominaux généraux) et la sonde à barrettes phasées (faible encombrement, pénétration profonde pour l'évaluation cardiaque et hémodynamique, parfois l'e-FAST).
L'échographie cardiaque se concentre sur l'identification immédiate de l'instabilité hémodynamique, évaluant la contractilité, la fraction d'éjection et les épanchements péricardiques. Les vues standard comprennent les vues parasternales grand axe et petit axe, la vue apicale quatre cavités et les vues sous-costales (quatre cavités et VCI). Des structures comme le VD, le VG, les oreillettes, les valves (mitrale, aortique, tricuspide) et les voies d'éjection sont visualisées.
L'évaluation hémodynamique implique l'évaluation du diamètre et de la collapsibilité de la VCI (pour les patients non ventilés) ou de la distensibilité (pour les patients ventilés), le calcul du volume d'éjection systolique à l'aide du diamètre du tractus d'éjection du ventricule gauche (TEVG) et de l'intégrale temps-vitesse (ITV), et l'évaluation de la fraction d'éjection du VG. Des paramètres dynamiques comme la variabilité du volume d'éjection systolique et la réponse à l'élévation passive des jambes (EPL) sont cruciaux pour l'évaluation de la réponse aux fluides.
Le VEXUS (Venous Excess Ultrasound Scan) évalue la congestion veineuse systémique et la tolérance aux fluides chez les patients gravement malades, en examinant les profils Doppler de la VCI, des veines hépatiques, portes et rénales. Bien que spécialisé, il offre un aperçu détaillé de l'état volémique, tandis que la collapsibilité et la distensibilité de la VCI sont plus couramment utilisées pour évaluer la réponse aux fluides.
Le protocole RUSH (Rapid Ultrasound in Shock) examine systématiquement le cœur, la VCI, l'abdomen (cul-de-sac de Morison), l'aorte et les poumons pour diagnostiquer rapidement la cause du choc, identifiant des conditions comme la tamponnade cardiaque, la dysfonction du VD (signe de MacConnell pour l'embolie pulmonaire), la dysfonction du VG (choc cardiogénique), le choc hypovolémique et la rupture d'anévrisme de l'aorte abdominale.
L'échographie pulmonaire est réalisée en divisant les poumons en 12 secteurs, à l'aide d'une sonde linéaire. Les lignes A indiquent la présence d'air, tandis que les lignes B (artefacts en queue de comète) signifient la présence de liquide dans les alvéoles, observées dans l'œdème pulmonaire. La pneumonie est identifiée par une apparence de "poumon hépatisé" (perte d'éco-définition entre le poumon et le foie) et des bronchogrammes aériens. Les épanchements pleuraux sont vus comme des collections anéchogènes, parfois avec un "signe de la queue de velours" (poumon collabé au sein de l'épanchement).
Le pneumothorax est diagnostiqué par l'absence de "glissement pleural" entre la plèvre pariétale et viscérale. Le mode M montre un "signe du code-barres" ou "signe de la stratosphère" au lieu du "signe du bord de mer" normal. Un "point pulmonaire" où le glissement réapparaît aide à localiser le pneumothorax. Des protocoles comme BLUE et FALLS guident l'approche diagnostique de la dyspnée et du choc.
D'autres applications du POCUS incluent le Doppler Transcrânien (DTC) pour le flux sanguin cérébral, la mesure du diamètre de la gaine du nerf optique (DGNO) (à l'aide d'une sonde linéaire) pour détecter une pression intracrânienne élevée (normale < 5,8 mm), et le diagnostic de la sinusite maxillaire en évaluant les niveaux de liquide dans le sinus.
Les exemples cliniques incluent la cardiomyopathie de Takotsubo (ballonisation du VG), la tamponnade cardiaque avec collapsus du VD, le myxome de l'oreillette gauche, un large défaut septal auriculaire, la thrombose veineuse profonde (TVP) et le guidage de l'accès veineux central, soulignant la polyvalence du POCUS. Les limitations incluent l'obésité du patient, l'interférence des gaz intestinaux, les défis de la ventilation mécanique et la variabilité inter-observateurs, soulignant la nécessité d'une pratique qualifiée et du respect des directives réglementaires.
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