Cancer du larynx : diagnostic, stadification et prise en charge – Aperçu pratique

Conférencier: Dr. Arsheed Hakeem

Oncologue consultant senior spécialisé dans les cancers de la tête et du cou, Hôpital Apollo et Institut Apollo du cancer, Hyderabad

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Description

Le cancer du larynx est une tumeur maligne importante de la tête et du cou qui nécessite un diagnostic précoce et une prise en charge thérapeutique structurée pour un pronostic optimal. Cette session propose un aperçu pratique du tableau clinique, des démarches diagnostiques et des systèmes de stadification essentiels à une évaluation précise de la maladie. Elle abordera également les stratégies de prise en charge actuelles, notamment la chirurgie, la radiothérapie et les soins multidisciplinaires. Destiné aux cliniciens, ce webinaire vise à améliorer la prise de décision et à favoriser un meilleur pronostic pour les patients grâce à des pratiques fondées sur des données probantes.

Résumé Écouter

  • Les cancers du larynx, principalement des carcinomes épidermoïdes, sont fortement liés à la consommation de tabac et d'alcool, touchant généralement les personnes âgées de 50 à 70 ans. Le larynx est divisé en glotte (cordes vocales), sus-glotte (au-dessus des cordes) et sous-glotte (en dessous des cordes), chacune étant subdivisée en sites anatomiques spécifiques. Le diagnostic commence par une laryngoscopie indirecte et un examen endoscopique à fibres optiques ou rigides pour la clinique de stadification.
  • La stadification des cancers sus-glottiques comprend T1 (tumeur limitée à un seul sous-site), T2 (tumeur envahissant plusieurs sous-sites), T3 (fixation des cordes vocales) et T4 (invasion du cartilage). T4 est ensuite divisé en T4A (invasion à travers le cartilage, mais pas l'espace prévertébral, l'artère carotide ou le médiastin) et T4B (invasion de l'espace prévertébral, de l'artère carotide ou du médiastin), T4B étant considéré comme inopérable. La stadification du cancer glottique implique de même T1 (limité à la corde vocale), divisée en T1A (une corde) et T1B (les deux cordes), avec progression à travers T2, T3 et T4 suivant l'invasion de la sous-glotte et du cartilage. Les tumeurs sous-glottiques sont classées T1 (limitées à la sous-glotte), T2 (s'étendant à la glotte), T3 (fixation des cordes vocales) et T4 (atteinte du cartilage).
  • Une évaluation précise nécessite une cartographie et une documentation minutieuses de la localisation de la tumeur, ainsi qu'une imagerie (TDM ou IRM) pour déterminer la profondeur de la tumeur et son extension sous-épithéliale. Les scanners ont une sensibilité de 87 % et une spécificité de 94 %, tandis que l'IRM a une sensibilité de 89 % et une spécificité de 84 %. L'imagerie aide à évaluer la mobilité des cordes vocales et l'invasion du cartilage, en particulier au niveau de la commissure antérieure.
  • Les options de traitement pour les cancers précoces des cordes vocales (carcinome in situ) comprennent le stripping par microlaryngoscopie ou laser CO2, la laryngofissure ou la radiothérapie. Les taux de contrôle chirurgical peuvent atteindre 92 %, tandis que les taux de contrôle par radiothérapie peuvent atteindre 98 %. La combinaison de modalités peut atteindre le taux de contrôle de 90 à 100 %. La Société Européenne de Laryngologie décrit différents types de cordectomies (Type 1 : sous-épithéliale, Type 2 : muqueuse et ligament vocal, Type 3 : transmusculaire, Type 4 : muqueuse jusqu'au périchondre, Type 5 : résection du cartilage).
  • La cordectomie de type 1 consiste à retirer uniquement l'épithélium pour les régions pré-malignes suspectées ou le carcinome in situ, idéalement réalisé au laser CO2 après injection sous-épithéliale de sérum physiologique normal. La cordectomie de type 2 retire la muqueuse ainsi que le ligament vocal pour les lésions plus avancées. Les cordectomies transmusculaires (Type 3) et s'étendant jusqu'au périchondre (Type 4) sont réservées aux stades plus avancés qui ont une invasion musculaire ou cartilagineuse. Les laryngectomies partielles verticales, y compris les hémilaryngectomies frontales et latérales, sont possibles.
  • Les cancers T2 à mobilité normale peuvent être traités par chirurgie ouverte ou microscopique ou par radiothérapie, tandis que les cas de mobilité altérée ont un taux de contrôle local plus faible. La laryngectomie partielle sus-glottique consiste à soulever des lambeaux, à squelettiser le cartilage thyroïde et à exciser la tumeur tout en préservant une unité aryténoïde fonctionnelle. Dans les cancers sous-glottiques précoces, la radiothérapie est une option, mais la chirurgie est difficile.
  • Les stades avancés ont avancé un traitement multimodal : chirurgie suivie de radiothérapie. La chimiothérapie peut être ajoutée à la radiothérapie dans les cas T3 sans érosion du cartilage. Les cas avec une maladie de grand volume, une atteinte des voies respiratoires et une sclérose du cartilage étaient souvent une laryngectomie totale. La rééducation post-laryngectomie peut impliquer une prothèse phonatoire Provox, une laryngectomie quasi-totale.
  • Les cancers de l'hypopharynx se présentent souvent tardivement et sont caractérisés par une propagation sous-muqueuse, nécessitant de larges marges chirurgicales. Ces cancers peuvent être traités au laser CO2 pour les lésions précoces ou par laryngopharyngectomie totale ou partielle, nécessitant éventuellement une reconstruction par lambeau libre. La gestion du cou est cruciale, allant du curage ganglionnaire cervical sélectif dans le cancer glottique précoce au curage ganglionnaire cervical bilatéral ou radical dans les cas plus avancés. Le suivi comprend des examens endoscopiques et une imagerie régulière pour détecter une récidive.

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